Quelques extraits de Une autre césarienne ou un AVAC ?
S'Informer pour mieux décider

Marie-Claude et Émile
Marie-Claude et Émile,
son «bébé AVAC»

p. 53 Témoignage de Judith
« (…) Commence alors la poussée qui ne durera que 30 minutes.  Je donne naissance naturellement à une belle petite fille à 8 h 35.  Elle pèse 3,540 kg.  Je n’ai que quelques points de surface. Le fait d’avoir réussi cet accouchement naturel m’apporte une vague incroyable d’énergie.  C’est l’un des grands moments de ma vie.  En plus, la rémission est beaucoup plus courte qu’après le premier accouchement (ma césarienne) et la gestion de la douleur plus facile.  Avec mon aînée qui exige temps et attention vu l’arrivée du bébé, ces améliorations sont très appréciées! »

p. 305 Témoignage de Marie-Josée
« (…) Quand nous disions, lors des rencontres prénatales, que nous voulions avoir la paix pour cet accouchement, cela pouvait sembler sec, mais ce que nous voulions en fait, c'était être au cœur de cet événement, ne pas avoir à demander, à justifier, à argumenter sur ce que nous voulions. L'accouchement de Tommy m'a appris que j'avais beaucoup plus d'instinct que je ne le croyais (à part peut-être pour le sexe du bébé !) et cela me donne davantage confiance en moi. On apprend toujours beaucoup à travers un accouchement, les moins comme les plus idéaux. L'accouchement est un rite de passage, pour le bébé, mais aussi pour la mère, le père et pour la famille. Le rôle d'un rite de passage est d'apprendre sur soi-même. En ce qui me concerne, ces trois accouchements (césarienne, ler AVAC, 2e AVAC) ont influencé d'une façon déterminante la femme que je suis aujourd'hui. »

p. 24 Chapitre 1 - La césarienne et l’AVAC : où en est-on ?
On évoque souvent le fait que les femmes sont plus âgées lorsqu’elles donnent naissance pour la première fois, et donc peut-être que leur accouchement est plus fréquemment compliqué, ou que les femmes de tel groupe ethnique donnent plus souvent naissance par césarienne. Or l’enquête nationale américaine révèle que le taux de césariennes s’accroît pour tous les groupes de femmes, peu importe leur âge, le nombre d’enfants qu’elles sont, leur état de santé, leur race ou appartenance ethnique, etc. Ceci va à l’encontre des raisons communément évoquées pour expliquer la hausse du taux de césariennes. Au Québec, l’âge moyen a augmenté de 2 ans seulement, c’est-à-dire que si les femmes avaient en 1990 26 ans lorsqu’elles donnaient naissance pour la première fois, elles ont maintenant… 28 ans, selon l’Institut de la statistique du Québec ! Peut-on vraiment croire que deux ans fasse une si grande différence ?

(...)
Paradoxalement, l'humanisation de la césarienne qui s'est répan­due dans les institutions hospitalières à la suite notamment des pressions faites par les femmes et les groupes de soutien de la césarienne a pro­bablement contribué à banaliser cette intervention. Oui, dans la plupart des centres hospitaliers on peut avoir une « césarienne centrée sur la famille », en demeurant consciente et en ayant son partenaire à ses côtés, puisque la péridurale (epidural) est maintenant très répandue. Ce qui est infiniment plus satisfaisant, pour plusieurs femmes, que de se retrouver le ventre soudainement vide avec, plusieurs heures plus tard, un bébé qu'on n'a pas vu naître comme c’était fréquemment le cas il y a une vingtaine d’années. Mais cela ne diminue pas pour autant le fait que la césarienne est une opération qui, comme telle, présente plus de risques qu'un accouchement vaginal, risques immédiats et risques à long terme, et pour la mère, pour son bébé et ses futurs bébés, le cas échéant, comme nous le verrons au chapitre suivant. La césarienne prive aussi le bébé et même la mère des avantages du travail et abrège considérablement ou retarde le contact initial mère-bébé. Enfin la césarienne est aussi un événement qui, pour plu­sieurs, n'est pas sans avoir un impact douloureux.

p. 170. Chapitre 4 La césarienne, une cicatrice émotionnelle ?
Les pères, eux aussi, vivent de fortes émotions durant un accou­chement difficile, ne l'oublions pas. Ils ne sont pas indifférents à un accouchement pénible se terminant par une césarienne. Il semble que leurs réactions soient aussi variées que celles de leur partenaire : soulagement de voir leur partenaire et leur bébé sains et saufs après un accouchement diffi­cile ; joie d'avoir pu être présents chez ceux qui ont assisté à la césarienne, colère chez les autres d'avoir été tenus à l'écart et peu informés, impression de n'avoir pas été assez préparés à la césa­rienne durant les cours prénatals, de ne pas avoir su ce qui les attendait de retour à la maison, culpabilité à la pensée de ce que leur partenaire a traversé, sentiments d'impuissance, de déception, de tristesse et de frustration. Les hommes étant moins habitués à exprimer ce qu’ils ressen­tent, c’est souvent plus difficile pour eux de « guérir » de la césa­rienne qu’ils ont vécue à leur façon. Quelques hommes avec lesquels j’ai parlé m’ont avoué avoir hésité longtemps avant de vouloir un autre enfant. D’autres comprennent difficilement pourquoi leur par­tenaire réagit si fort à la césarienne.

p. 210. Chapitre 5 - Avoir un environnement favorable et du soutien
Toute femme qui pense à l'AVAC a nécessairement vécu une ou des césariennes antérieures, quelle qu'en ait été la raison (mauvaise présentation du bébé, accouchement très difficile, etc.). Si certaines ont accouché vaginalement avant la césarienne, d’autres parmi vous ne connaissez pas autre chose. Que vous ayez trouvé l'expérience pénible ou non, que vous l'ayez bien acceptée ou non, vous risquez de manquer de confiance dans vos capacités d'accoucher « comme les autres femmes », c'est‑à‑dire vaginale­ment. C'est l'évidence. Les femmes ayant eu un AVAC vous le diront: tant qu'on n'est pas passée par là, on ne sait pas si on peut accoucher. Même si on croit que le bébé était en cause et pas nous (mauvaise présentation par exemple), un doute peut subsister jusqu'à la dernière minute. Presque toutes les femmes que j'ai interviewées me l'ont confirmé.

(...)
C’est pendant qu’ils menaient des études sur le bonding (lien d’attachement qui se crée entre la mère et son bébé) au Guatemala que le pédiatre John Kennell et le néonatalogiste Marshall Klaus s’aperçurent que la présence et le soutien continu par une femme lors de l’accouchement avait un impact important sur la mère, sur l’accouchement et sur l’interaction entre celle-ci et son bébé. Les études effectuées depuis ne montrent que des bénéfices pour les femmes, les bébés et les couples à avoir une accompagnante auprès d’eux pendant l’accouchement. Les effets le plus souvent étudiés portent sur l’accouchement et le bébé. D’autres effets positifs ont été notés, même s’ils ont été moins fréquemment étudiés : baisse du taux d’amniotomie, moins de surveillance fœtale électronique, moindre recours à la ventouse, taux plus élevé d’accouchements spontanés, baisse des traumatismes périnataux, plus de comportements positifs et de  satisfaction maternelle, plus d’allaitement et  moins de dépression post-natale.

(...)
Le premier pas vers un AVAC est bien sûr la remise en question d'une autre césarienne. Le second pas est de trouver un médecin ou une sage-femme qui accepte d'en discuter avec vous, et qui vous encourage en ce sens. Si vous n'en connaissez pas, vous pouvez vous adresser à un organisme d'humanisation de la naissance (voir liste de ressources en annexe) ou, encore, simplement téléphoner au service d'obstétrique de l’hôpital où vous aimeriez accoucher pour vous informer s'il s'y fait des AVAC ou, mieux, s’il s’en fait fréquemment. Sachez que certains médecins de famille accompagnent des femmes voulant un AVAC. Si votre médecin ou sage-femme n'accepte pas votre démarche, demandez‑lui de vous donner au moins les coordonnées d'un-e professionnel-le en faveur de l'AVAC. Selon le docteur Walter Hannah, qui fut président de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, tout médecin devrait au moins agir ainsi.

p. 241. Chapitre 6 Pour favoriser l’AVAC durant le travail
L’OMS recommande d’encourager la mobilité, pendant le travail. Il est important de ne pas rester couchée. Quitter le lit, marcher, bouger, prendre des positions à la verticale pour aider le bébé à descendre sont importants. La position verticale augmente l'efficacité des contractions, pourrait raccourcir la durée du travail, dilate plus rapidement le col, réduit l'inconfort et la douleur éprouvés, réduit le moulage de la tête du bébé, abaisse l'incidence de variations anormales du rythme cardiaque foetal et aide le bébé à mieux se porter durant l’accouchement. La liberté de mouvement accroît aussi la satisfaction des femmes en travail. Elle réduit aussi la possibilité d’épisiotomie, le recours à l’ocytocine pour stimuler le travail, les lacérations graves du périnée, que l’accouchement soit assisté (forceps ou ventouse) ou qu’il se termine par une césarienne. De plus, il n’existe aucune preuve que cela soit nocif. Au contraire, la position couchée diminue la circulation du sang entre la mère et le bébé, pouvant affecter négativement son rythme cardiaque. Elle augmente aussi le niveau d’hormones de stress chez la mère, réduisant la contractilité de l’utérus et nuisant au travail.

p. 14 . Avant-propos
Je sais qu’il peut être angoissant de sentir sur ses épaules la responsabilité des choix qu’on fait, en particulier lorsqu’on attend un enfant, et qu’il peut être tentant de souhaiter « que le médecin décide », de vouloir être prise en charge. Mais je crois que c’est fondamentalement aux femmes – et aux couples – que reviennent des décisions aussi importantes relativement à la naissance de leur enfant : un AVAC ou une autre césarienne ?

p. 288 Chapitre 7 Accoucher, un défi exclusivement féminin
Des études, menées dans le cadre du système médical, soulignent les sentiments d’ accomplissement et d’auto-transformation que certaines femmes peuvent éprouver. Les Finlandaises par exemple perçoivent la grossesse et l’accouchement comme des expériences de croissance et de bien-être, et leur accordent plusieurs dimensions. Ce qui se dégage de l’expérience de ces Finlandaises est une forte confiance dans leurs capacités d’accoucher (Je suis capable de le faire ! ), confiance qui influence leur perception et la conduite de leur accouchement. Elles ont un sentiment d’accomplissement particulièrement prononcé et se sont senties prêtes à vivre et à traverser la douleur, considérant l’accouchement comme un défi apporté par la vie. On retrouve des résultats similaires sur le plan culturel  à propos d’un autre pays scandinave, la Suède.  Notons que la Scandinavie est une région du monde où les femmes mettent leur bébé au monde essentiellement avec des sages-femmes, en l’absence de complications. Ces sentiments d’accomplissement et d’auto-transformation correspondent aussi à l’expérience vécue par de nombreuses femmes qui ont eu un AVAC, comme l’illustrent des récits d’accouchement de ce livre.

Copyright © 2017
Hélène Vadeboncoeur
 
Ce site web a pour objectif de compléter l’information fournie dans le livre Une autre césarienne ou un AVAC ? S’informer pour mieux décider. Il vise d’abord à fournir des renseignements provenant d’études scientifiques récentes, afin que les femmes et les couples puissent faire des choix éclairés à propos de la naissance de leur enfant. Les renseignements offerts sur de ce site ne constituent pas un avis médical.